Le problème de la cuisine créole quand on visite les Seychelles, c’est qu’on la mange rarement. On mange du poisson grillé très correct dans un hôtel, un cari poisson standardisé dans un restaurant de bord de plage, et on repart avec l’impression d’avoir goûté quelque chose sans savoir quoi. Le Local Food Fest règle ce problème en un après-midi.
Un festival récent qui a pris de l’ampleur très vite
Le principe est simple : rassembler sur un même site, à Roche Caïman au sud de Victoria, les producteurs agricoles, les petites marques alimentaires et les entrepreneurs culinaires du pays, et laisser le public circuler entre les stands. L’événement s’intègre à l’Agricultural and Food Show, la grande foire agricole nationale, ce qui explique la présence de maraîchers et d’éleveurs à côté des cuisiniers.
La montée en puissance est nette. La troisième édition, les 28 et 29 juin 2025, tenait sur un week-end. L’édition 2026 s’est étalée sur quatre jours, du 26 au 29 juin, une première, portée par le cinquantenaire de l’indépendance et réunissant plus de trente marques et producteurs locaux. Reste à voir si ce format long sera reconduit une fois passé l’effet jubilé, ce dont il ne faut rien préjuger.
Ce qu’on y goûte
C’est un festival de produits plus qu’un festival de chefs, et c’est tout son intérêt. Vous y trouverez les fondamentaux de la table seychelloise, dont notre guide de la cuisine créole seychelloise détaille les recettes :
- Les caris, de poisson, de poulet ou de chauve-souris pour les curieux, et leur base de lait de coco.
- Le ladob, ce dessert de bananes plantain ou de patate douce mijotées au lait de coco et à la vanille, servi tiède.
- Les chatinis, chutneys locaux à base de papaye verte ou de golden apple, qui accompagnent tout.
- Les fruits et légumes de l’archipel, souvent méconnus, et les confitures et sauces piquantes des petits producteurs.
- La bière locale, dont nous avons raconté l’histoire dans notre article sur la Seybrew.
Côté portefeuille, c’est l’une des sorties les plus rentables du séjour : on mange pour une fraction du prix d’un restaurant touristique. Notre page sur le coût de la vie aux Seychelles donne les ordres de grandeur, et notre article budget voyage explique comment tenir la dépense sur la durée.
Bien tomber dessus
Le festival est adossé au week-end du 29 juin, fête de l’Indépendance, ce qui en fait l’un des rendez-vous les plus prévisibles du calendrier seychellois, à l’inverse du Praslin Culinary & Arts Festival dont la date se promène d’avril à octobre. Si vous êtes sur Mahé fin juin, vous avez de bonnes chances de tomber dessus.
C’est également une excellente période pour voyager. Fin juin, la mousson du sud-est s’installe, il fait sec et venté, la chaleur est supportable et la mer est belle sur la côte nord-ouest. Notre guide quand partir aux Seychelles détaille ce que cela change d’une côte à l’autre.
Infos pratiques
- Quand : le week-end de la fête nationale, fin juin.
- Où : Roche Caïman, au sud de Victoria, sur Mahé.
- Combien : entrée libre, vous ne payez que ce que vous consommez.
- Le bon moment : en fin d’après-midi, quand la chaleur retombe et que les stands de cuisine chaude tournent à plein.
Une note pour finir sur notre obsession maison. Le coco de mer est le produit local absolu des Seychelles, celui qui ne pousse nulle part ailleurs sur terre, et pourtant vous ne le verrez sur aucun stand du Local Food Fest : l’espèce est protégée, sa récolte strictement encadrée et son amande beaucoup trop rare pour finir en dégustation gratuite. Il faut aller au festival de Praslin pour la voir cuisinée. C’est peut-être la meilleure définition de ce fruit : le seul produit du terroir seychellois que la fête du terroir seychellois ne peut pas servir.


